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VEE SPEERS

IMMORTAL 2010

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Dans cette dernière série, Vee Speers a photographié les sublimes paysages de son Australie natale. Chacun des lieux photographiés a été choisi avec soin et accueille des personnages énigmatiques nus aux regards francs et sans sourcils. Ces jeunes « immortels » y apparaissent comme posés au milieu du paysage regardant l’objectif dans une attitude de questionnement. Leur nudité mêlée aux paysages naturels australiens plonge le spectateur dans le mythe de l’éternelle jeunesse et du jardin originel.

Les questions des liens qui unissent la vie et la mort sont également soulevées. Ces êtres au sommet de leur jeunesse sont loin des préoccupations de la mort. Leurs regards et leurs attitudes figées dans l’instant de leur jeunesse sont une sorte d’affront aux spectateurs, mélange de défi et d’appréhension. »Nous pensons tous à la mort mais nous ne pouvons pas nous imaginer en train de vieillir. Notre société est obsédée par l’idée de stopper le temps qui passe afin d’éviter l’inévitable : la mort. En vivant avec mes filles adolescentes je fais face à ma propre mortalité – Une douce mesure du passage du temps et de la beauté fugace » nous explique la photographe.

Avec ces photographies, Vee Speers fixe l’instant qu’est la jeunesse, dans une grâce absolue. Elle plonge le spectateur dans un univers troublant avec le contraste entre les paysages sombres et inquiétants et la beauté des sujets. Dans ce décor sauvage illustrant la force des éléments (feu, eau, air et terre), la perfection des corps nus donne une profondeur quasi biblique à ces photographies, qui ne sont pas sans rappeler les tableaux illustrant Adam et Ève dans le jardin originel. Mais cette beauté est loin d’être parfaite, l’absence de sourcils notamment, ces poses accentuant la cambrure de la chute des reins ou cette cicatrice sur le flanc sont autant de clés nous indiquant le caractère rêvé de cette perfection.

Mais le contraste existe également entre les attitudes des sujets féminins par rapport aux modèles masculins. Afin de masquer leur nudité, les modèles féminins recourent à un stratagème leur permettant de cacher avec pudeur leur poitrine, dans une posture exagérément tordue mettant paradoxalement en valeur le côté longiligne et parfait des corps. Les poses des modèles masculins sont beaucoup plus libres, le visage pratiquement de face, le torse ouvert et les épaules hautes. Un des modèles exhibe fièrement sa cicatrice qui n’est pas sans rappeler le champ de flammes derrière lui.

Vee Speers propose à travers cette série une critique de la société actuelle qui refuse de vieillir et de mourir. Elle rappelle l’évasion de l’adolescence, dans une imagerie aux frontières de la fantaisie et de la réalité. En présentant ces jeunes, debout comme des anges déchus mais faisant encore partie de notre monde, elle revisite à sa manière les codes de la vanité humaine. Au sommet absolu de leur jeunesse, ils restent vulnérables et dans l’ignorance de leur perfection.

Vee  Speers nous offre une vision idyllique de la jeunesse  qui reste immortelle mais c’est une vision fantasmée qui appelle au questionnement sur le rapport de notre société à l’image, à cette idée du corps parfait célébrée dans notre société contemporaine nourrie à d’images. Et en perpétuelle quête d’immortalité… acte2galerie 

VEE SPEERS

Parisians 2005

Parisians 2005

« …. A la base, dans le projet « Parisiens », ce sont des Parisiens excentriques sur lesquels je suis tombée par hasard. Évidemment, je suis une photographe de portrait et donc j’aime les visages peu communs. J’aime la beauté, mais ça ne doit pas être une beauté au sens classique du terme. Ces Parisiens étaient étranges, peu communs, différents. Je les ai placés dans une mise en scène. J’ai fait peut-être 15 images et puis The Birthday Party est arrivé. Ce nouveau projet a dominé et je n’avais plus le temps pour d’autres. Les gens me parlent souvent des Parisiens. On accède à un certain niveau dans notre carrière où les gens veulent voir les œuvres plus anciennes, on est donc forcé de tout montrer. Les Parisiens vont avoir leur moment aussi…  » … Vee Speers / les photographes

Bordello 2004

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Dans «Bordello», Vee Speers est parvenue à créer une évocation fidèle et poétique d’un monde révolu : la vie nocturne parisienne des années 30. La décadence borderline de ce début de siècle à Paris reprend vie à travers cette série de photographies sensuelles et nostalgiques, réalisées «in situ» dans de véritables bordels de l’époque, reconvertis depuis lors mais aux décors oppulents demeurés intacts. Bien au-delà d’une simple promenade dans l’univers du désir et de la fantaisie, l’imagerie stylisée de Speers nous évoque aussi l’existence trouble et secrète vécue par ces femmes dans les maisons closes des années folles. Vee Speers a réalisé ses tirages selon la méthode dite «au papier charbon», développée au XIXe siècle par la famille Fresson et encore utilisée de nos jours par les Archives Nationales et de nombreux musées photographiques, pour la subtilité et la richesse de son rendu….. Galerie Huit 

VEE SPEERS

 

BIOGRAPHIE

Née en Australie en 1962, a étudié à Queensland College of Art. Vee Speers vit et travaille à Paris depuis 1990. Elle a réalisé de nombreuses expositions à travers le monde, y compris à Londres, New York, Miami, Atlanta, Singapour,… ainsi qu’en Chine, au Japon et bien sûr en Australie. On retrouve ses oeuvres dans de nombreuses collections publiques et privées, comme celles d’Elton John, Deutsche Zentrale Bank, Collection Clerici, Collection Hoffmann (USA), George Eastman House (New York) et Le Museum of Fine Arts Houston.

VEE SPEERS   

Acte2 Galerie – Paris   //  The Photographers Gallery – London

Jackson Fine Art – Atlanta  //  Galerie Anita Beckers – Frankfurt

Vee Speers