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PATRICK GOMME

N°31 Laetitia 36 ans 2009

N°44 Régine 48 ans 2009

PATRICK GOMME

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BIOGRAPHIE

Démembrement esthétique : Le corps s’expose sans relâche, du papier glacé auxcristauxliquides.Objet de toutes les convoitises visuelles, sujet prisé d’une imagerie surabondante, d’une publicité omniprésente, sans marque et soigné à outrance, le corps se perd un peu plus àmesure qu’on le sublime : grain lissé, éclats factices, reliefs parfaits, lignes rectifiées. S’étale à nos yeux absents l’expression aveugle d’une chair désincarnée à force d’être retouchée, dépossédée à trop vouloir lui faire dire ce qu’elle n’est pas.

Contact objectif : A nos yeux mous, à nos nerfs endormis s’offre une fissure vibrante sur l’intime, crue et cinglante de vérité. Une vision sans concession qui tranche singulièrement. Ces corps dérangent car ils dérogent à la règle de l’artifice. Réconfortants, ces corps familiers rompent avec le conformisme d’une esthétique spécieuse. Ici, la chair portée aux nues érige son vérisme, féroce et touchant, revendiquant la place du sujet dans son espace le plus intime.

L’incarnation d’une quête : Volontairement parcellaire, obstinément poétique, cette oeuvre mosaïque retrace le parcours d’un regard oublié, tissant à rebours le fil d’une recomposition esthétique. D’une peau grêlée ou diaphane, d’un ventre laiteux qui nait à la lumière ou d’un visage secret qui se meut dans la pénombre, GOMME traduit la surface sensible de notre humanité. Au gré de ses détails naissants et morcellements délicats, la progression révèle l’identité de chacun, l’histoire d’une vie qui siège au plus profond de nos plis, reliefs et cicatrices enfin mis en lumière.

Eloge de l’ordinaire : Avec son approche d’une photographie intacte (au sens de non retouchée), GOMME entend bien réveiller ce que l’industrie et ses façonneurs d’une perception policée nous ont fait oublier. Dès le premier regard posé sur une chute de rein pudiquement immortalisée, cette galerie éclectique de figures étranges fascine tant par sa beauté que par son étrangeté ; nous renvoyant ainsi au reflet de notre essence. Il privilégie une sélection de gens « ordinaires », qui nous invitent par la découverte de leur univers à la relecture du nôtre. Autant de facettes inhabituelles qui dressent le portrait universel et consubstantiel du corps et de l’esprit profondément réunis.

Après 20 ans passés dans la sphère de la publicité, Patrick GOMME né à Paris , mesure parfaitement l’écart entre l’image préfabriquée et l’esthétique naturelle. Composant ses portraits à lamanière de Gustave Courbet, GOMME inscrit sa démarche dans une perspective réaliste, entremêlée d’influences pop comme le révèle sa scénographie kaléidoscopique.

Réflexions sur l’ego, le corps et sa réalité. Sur les idées reçues de la beauté telle que la consomme notre société. Sur le regard porté sur soi et sur l’autre, produit conscient et inconscient de notre éducation. Sur ce grand marché du futile, créateur de l’économie contemporaine.

PATRICK GOMME

Patrick Gomme